Barbara TEMOIGNAGE

Barbara TEMOIGNAGE
Barbara a mis des années avant d'écrire. En fait, ce n'est vraiment qu'après la mort de son père ( deux ans plus tard, précisément ) que l'écriture s'impose à elle. Elle semble alors possédée par les mots qui s'agitent au bout de sa plume. " Ils me font peur et me fascinent à la fois. Je ne comprends pas d'où ils viennent. " En moins de dix ans, Barbara écrit plus de la moitié de ses chansons, et à coup sûr les plus marquantes. Dix ans pour expulser l'essentiel, des années ensuite pour raconter. Qu'écrit-elle ? Ce qu'elle a vécu, ou du moins ce qu'elle a ressenti. " Je n'ai aucune imagination ", répète-t-elle à l'envi ; en matière de chanson, on peut lui faire confiance. Sophie Makhno l'a vue à l'oeuvre : " Barbara a toujours écrit d'une façon extraordinaire ( quelquefois avec beaucoup de difficultés à terminer ce qu'elle avait commencé ) mais sous le coup d'une émotion. Ça n'a jamais été des abstractions. Barbara, c'est le contraire de Brassens. " Le contraire aussi d'un Aznavour, capable d'écrire quasiment à la demande sur tout et n'importe quoi. Autant dire que, si Barbara a signé relativement peu de chansons ( à peine plus d'une centaine ) elles ont toutes un sens et un poids très particuliers. C'est somme toute logique. Elle qui, devant les journalistes, gardait toujours fermée la porte de son intimité l'a largement ouverte dans ses textes. Pudique impudique. A la fin des années 60, par exemple, elle écrit Mon enfance, juste après son passage éclair à Saint-Marcellin où elle a retrouvé, bouleversée, la maison des Cattot, le restaurant des Serve et les souvenirs qui vont avec.


J'ai eu tort, je suis revenue
dans cette ville loin perdue
ou j'avais passe mon enfance.


Mon enfance est une chanson en demi-teinte qui balance entre la nostalgie et la peine, la retenue et la confession. A ce titre, c'est une chanson exemplaire du reste de l'oeuvre. Pour la première et unique fois, Barbara y glisse les prénoms de ses frères et soeurs, " Jean, Claude, Régine. " Elle évoque tendrement sa mère, qu'elle vouvoie dans le texte comme dans la vie : " Je suis venue ici pour y retrouver votre rire, vos colères et votre jeunesse. " Parle sans haine et même avec une pointe de regret de ses années de guerre : " Nous vivions comme hors la loi, et j'aimais cela quand j'y pense. " Elle ne dit pas un mot du père, mais elle dit sa propre souffrance : " Je suis seule avec ma détresse. " Comme il est fort ce mot " détresse." " Pourquoi suis-je venue ici/ Où mon passé me crucifie " chante Barbara sans donner de réponse. Car Mon enfance suggère sans expliquer. Et si le public entend la blessure du passé, il ne la comprend pas complètement. " (...) parmi tous les souvenirs/ Ceux de l'enfance sont les pires... " D'autant qu'elle est difficile à suivre, Barbara ! Ici elle est plutôt nostalgique, mais, dans trois minutes, elle pourra être tout l'inverse. Humeur changeante au fil des textes. Tour à tour elle apparaît sombre ou lumineuse, ardente ou désespérée, romantique ou volage... " Insaisissable " dirait l'impatient. Pas tant que cela ! Car celui qui tend vraiment l'oreille finit toujours par s'y retrouver. Et par la débusquer. Triste ou gaie, Barbara chante finalement presque toujours les mêmes choses : son passé, ses morts, ses protégés, ses amours ( a partir des années 60, les thèmes des chansons s'élargiront. Barbara commencera à chanter le monde qui l'entoure et ses injustices. Durant les vingt dernières années de sa vie, cela deviendra même un thème majeur ) " Elle sortait le vécu pour mieux l'exorciser " dit Sophie Makhno. Les clés seraient donc là, dans l'oeuvre et dans ses lignes de force, ce vécu qu'elle mettait en mot pour le dépasser...


Valérie Lehoux ( Journaliste )

# Posted on Sunday, 17 August 2008 at 5:21 AM

Barbara



L'érotisme dans l'oeuvre de Barbara


L'érotisme représente une évocation amoureuse très présente dans l'oeuvre de Barbara. Ses jeux érotique alternent, selon son choix, un désir de soumission et une volonté de domination : " (...) j'ai besoin d'être dominée. Je crois comme beaucoup d'entre nous. Moi, j'ai besoin d'avoir constamment au poignet un bracelet d'argent cerclé, d'esclave " dit-elle. " Je serai obéissante/ Quand tes mains caresseront/ Mon cou, mes hanches, ma taille " ( Je serai douce ) Dotée d'une immense sensualité à fleur de mots, Barbara parvient à dénuder des corps avec le verbe. La montée du désir est le plus souvent exprimée par la sensualité d'une main caressant de longs cheveux d'homme, toison érotique où se mêlent d'excitant parfums : " Il a des cheveux de nuit/ Longs et brillant de satin/ Que j'aime y glisser mes mains/ Il a des cheveux d'Indien " ( L'Indien ) " Dans la forêt de tes cheveux/ Aux senteurs de poivres mêlés " ( Il automne ) Quand à l'acte érotique, il est décrit sous fond d'inspiration maritime mallarméenne : le lit est un voilier qui tangue au rythme de l'étreinte, et Barbara s'offre à l'amour dans le tourbillon orgasmique des " hautes mers " Peut-être celles d'Abidjan où elle vécut l'amour-passion de sa vie : " Tu ne te souviendras pas/ De nos corps couchés sur le sol/ Les corps s'enfoncent comme les pas/ Dans le sable où le vent les vole " ( Tu ne te souviendras pas ) " Tu es la vague où je me noie/ Et je m'enroule au creux de toi " ( A peine ) " Ma fatigue est un oiseau blanc/ Qui survole tes océans " ( L'amour magicien ) Et Barbara n'hésite pas à suggérer, avec élégance, des scènes directement sexuelles, fardées sous un maquillage poétique : " Comme un torrent/ Au fond des mers/ Dans l'écume éclatée " ( Clair de nuit ) La jouissance amoureuse peut être aussi fantasmée, inspirée par l'émotion d'un vol nocturne en avion vers le septième ciel ; la volupté éternelle, volée au temps, vibre encore entre l'ombre et la lumière, entre les " soleils de pluie " et les " montagnes enneigées " : " Vol de nuit/ Vol d'amour/ En vol/ Plaisir fou/ De passion/ On vole/ (...) On a vécu/ Toute une vie/ (...) En une nuit/ Sur vol de nuit " ( Vol de nuit ) On peut noter également que l'acte d'amour est, le plus souvent, vibrant des frissons procurés par la glace et le feu ; la température du plaisir, indéfinissable, oscille, sans cesse du chaud au froid, issue d'un " ailleurs " Volé au temps et à l'espace : celui de la " déraison " : " J'ai trouvé ce matin au creux de moi/ Comme un cristal ce bout de froid/ Et je l'ai posé sur ton épaule/ (...) Je l'ai vu se fondre tout pareil/ Comme du givre à ton soleil " ( La déraison ) " Il me brûle et à la fois/ Me tiens à l'ombre de lui " ( L'Indien ) " Là-haut dans ma chambre/ Si chaude en décembre/ Quand tu me fais douce " ( La saisonneraie ) Quand à la fin de l'étreinte amoureuse, elle est évoquée comme la fin d'un orage sur l'océan, comme une marée redevient basse pour épouser le calme du silence précédant le sommeil ; alors, les tourbillons musicaux font place à des accords de piano plaqués lentement, ponctuant la berceuse des mers que la sirène murmure après l'amour : " Mais quand je suis à marée basse/ Au grand soleil de la Saint-Jean/ Et que mes grandes eaux se lassent/ Et que se sont couchés mes vents " ( Les hautes mers ) " A ton silence/ Au calme retrouvé/ Ah, on s'endort/ Le sommeil est un pays/ Où l'on se retrouve encore/ Dans l'océan de la nuit " ( Clair de nuit ) A l'issue de la volupté amoureuse, logée dans un " ailleurs " Impénétrable, le monde des vivants reprend son acuité : " Le temps passe vite à s'aimer/ A peine l'avons-nous vu passer/ Que déjà la nuit s'est glisser/ Légère, si légère/ Ta bouche à mon cou tu me mords/ Il fait nuit noir au dehors/ Ta bouche à mon cou je m'endors/ Dans le sommeil je t'aime encore " ( A peine )
Barbara

# Posted on Thursday, 31 July 2008 at 4:52 AM

Barbara TEMOINGNAGE

Barbara TEMOINGNAGE
Dessin fait sur un mur pas loin du théâtre Mogador par un admirateur.



" Vous avez fait de Mogador, comme de beaucoup d'autres lieux, une fête extraordinaire. Vous étiez le soir comme des oiseaux fantastiques dans cette rue Saint-Lazare. De vous voir courir derrière la voiture, cela m'angoisse, c'est vrai, beaucoup. Cela me touche tellement. Cela me bouleverse, " leur confie-t-elle aussi ce soir-là. A la sortie des coulisses, au bout de ce long porche mal éclairé, un admirateur a écrit sur le mur " Ce soir, je vous remercie de vous " à côté d'un dessin du visage de Barbara. Ils sont quelques-uns à s'être mis à l'écart, sous le porche. Ils attendent que la voiture passe pour s'en aller. Profiter encore une dernière fois de sa présence. Comme une allégorie, les phrases de la voiture projettent de longues silhouettes sur la chaussée. Comme souvent, la voiture s'arrêtera. Barbara baissera sa vitre, tendra les mains. Ses mains. Leurs mains se rejoignent. Tournent. Se superposent. Ses mains comme on voudrait encore pouvoir les toucher, sentir leur douce caresse sur notre peau. Ces mains qui s'offraient ouvertes à la passion ont laissé leur parfum sur notre vie. Par une mystérieuse alchimie, comme les mains négatives imposées au fond des cavernes, leur empreinte a marqué, indélébile, les parois de notre mémoire. Ses mains qui virevoltaient dans la lumière ; jouaient avec les ombres ; fendaient le rideau pour l'ultime adieu du soir après les derniers rappels. Voyageuse de la nuit, elle rentre fatiguée mais heureuse se reposer à Précy, les bras chargés de roses et de mimosa. Pour quelques mois seulement. Une longue tournée qui s'étalera sur un an et demi commence le 16 juillet 1990 au Futuroscope de Poitiers. La tournée d'été se termine le 3 août au théâtre Gérard-Philipe de Ramatuelle. Le 18 juillet, elle assure la deuxième partie du spectacle de clôture des Francofolies à La Rochelle où, dans le cadre de l'opération " 10 000 roses pour Barbara " lancée par Jean-Louis Foulquier, chaque spectateur est invité à assister au spectacle une rose à la main. Barbara reprend la route à l'automne 1990. Elle se produit en Suisse, en Belgique et au Japon. La tournée s'achève le 20 décembre à Amiens. Sur la scène, un groupe de spectateurs a installé un sapin de Noël et le public lui chante Joyeux Noël A l'automne 1991, elle reprend le spectacle pour une tournée en France ; elle interprète Ne reviens pas si tard un poème de Robert Desnos qu'elle a mis en musique. ( cette chanson ainsi que Ma concierge, texte de Robert Desnos que Barbara a également mis en musique, sont restées inédites. En 2002, Mathieu Rosaz a enregistré Ne reviens pas si tard sur un album consacré à Barbara )
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# Posted on Wednesday, 30 July 2008 at 1:13 PM

Barbara

Barbara


Et vivre passionnément,
Et ne se battre seulement
Qu'avec les feux de la tendresse
Et, riche de dépossession,
N'avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses...


" Perlimpinpin, c'est l'enfance effectivement. En fait, Perlimpinpin, c'est vraiment qu'il vaut mieux ne rien avoir, être dépouillé de tout et avoir sa vérité. Et il faut donner. Perlimpinpin, tu connais le square des Batignolles, c'est un square tellement extraordinaire. Moi, je le trouve extraordinaire... Tu sais, quand on avait de petits roudoudous, des trucs... tu vois ce que je veux dire, de la poudre de coco, comme ça. C'est ça Perlimpinpin, en fait, c'est faiseur de pluie. C'est la magie, la poudre de perlimpinpin." S' exprime Barbara devant la caméra de François Reichenbach en 1978.


" Il y a un combat quotidien, minuscule, qui consiste à voir que son voisin crève. Peut-être, je devrais défiler. Je vois des gens que j'admire et qui font des choses. Mon dernier défilé remonte à Charonne ( manifestation pacifique du 8 février 1962 organisée en réaction aux dix attentats de l'OAS du 7 février 1962 qui donne lieu à une forte répression et se traduit par la mort de 8 manifestants ) Pourtant, je suis une femme en colère. C'est très important de rester en colère, il ne s'agit pas de colères, de caprices, mais de dire " non " confie Barbara en 1981 à Michelle Manceau. Il est vrai que Barbara n'a jamais ouvertement fait état de ses combats. Elle agissait souvent de façon souterraine, évitant de se retrouver sous le feu des projecteurs, pour ce qui lui paraissait une bien modeste contrepartie de ce qu'elle avait reçu. Elle était très attentive à son public dont une partie vivait parfois de grandes souffrances. Par ses chansons mais surtout par sa présence et son écoute, elle était pour certains d'entre eux le seul repère. Son action a souvent été tournée vers l'enfance malheureuse. Le 12 décembre 1966 au Cirque d'Hiver et du 14 au 18 décembre, dans le halle de Bobino décoré par Luc Simon, elle organise une collecte de jouets au profit de l'arbre de Noël des enfants nécessiteux de l'oeuvre " Le Bol d'air des enfants de Paris " soutenue par Mick Micheyl. Le 19 décembre, au parc des expositions de la porte de Versailles, après la présentation d'un spectacle de cirque, Barbara participait à la distribution aux enfants des " 10 000 jouets " récolté

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# Posted on Monday, 28 July 2008 at 4:41 AM

BARBARA

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# Posted on Sunday, 27 July 2008 at 5:22 AM