barbara

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Aujourd'hui je vient tout juste d'avoir mes 20 ans et pour couronner le tout je suis amoureux d'une demoiselle exquise. Merci la vie.

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# Posted on Wednesday, 10 September 2008 at 7:01 AM

Barbara TEMOINGNAGE

Barbara TEMOINGNAGE
C'est un " outil " extraordinaire, le fax ! Vous ne trouvez pas ?



Parmi ses " amis de fax " Christophe de Mirambet. Leur échange a duré des années. Ils ne se sont jamais vus. Ou plutôt : Christophe a vu des concerts de sa correspondante ; il n'est pas allé la saluer, après, dans sa loge, il ne s'est pas fait connaître. Leur histoire a tenu à un fil -- de téléphone aussi, souvent. C'est ainsi qu'elle a commencé. Ce décorateur et architecte d'intérieur bordelais apprend un jour d'un ami, ancien collaborateur de Barbara, que celui-ci l'a reçue à dîner la veille, qu'elle s'est mise au piano, que la fête fut belle. Dommage, Christophe n'y était pas. Dommage, elle a de longue date une place à part dans ses amours musicales, classique, opéra, chanteurs 1900, Fragson, Fréhel, Mireille... " J'avais entendu un disque d'elle chez ma tante, qui m'a offert un double album. La voix, les mots, j'en étais fou " Le jeune homme envoie ses voeux à la diva, lui dit ses regrets de l'avoir manquée à son escale bordelaise. Quelques jours plus tard, coup de fil à sa galerie : " Allô, c'est Barbara. Qu'est-ce que vous me racontez-là ? " Pas en colère, étonnée, amusée : cette soirée n'a pas eu lieu. Du petit mensonge d'un ami va naître un long dialogue amical, entamé par la dame : " Vous avez un fax ? Prenez mon numéro " Dialogue à distance rythmé de rires, de blagues, de malices : " Elle m'a commandé un canapé, on n'a jamais pu trouver la couleur qu'elle imaginait. Je lui ai envoyé des échantillons, j'ai reçu en retour des commentaires drolatiques... " De moments plus graves aussi, la nuit souvent. " Je faisais des pirouettes, des pieds de nez, elle parlait d'autre chose -- Qui aimez-vous comme chanteuse ? --- Kathleen Ferrier. -- Moi aussi, je l'adore. Quel livre offrez-vous le plus souvent ? -- Les Lettres à un jeune poète de Rilke. Elle m'a envoyé son enregistrement des Lettres " Ils ne se sont jamais vus, mais l'intuitive a su le décrire : grand, mince, cheveux clairs. Elle l'appelle " singe exquis " ou " p'tit blue " ( la galerie bordelaise de Christophe, fermée depuis, avait pour nom Le Singe Bleu ) Parle de tout et de rien avec lui, sauf de la chanteuse Barbara, même s'ils chantent ensemble des couplets de caf'conc. " Nous avions des amis communs, je ne lui en ai jamais parlé, pas plus qu'elle ne parlait de sa vie de dame brune. C'était un échange hors tout, et hors tout le monde. Une étonnante intimité, elle s'y sentait à l'abri, je crois. " Ces deux là connaissent leur douleur, et reconnaissent celle de l'autre au bout du fil ou du fax. Ce lien silencieux garde leurs secrets. " J'aimais la chanteuse, à la fois femme, homme, animal fabuleux, qui suscitait toutes sortes d'amours de toutes sortes de gens ; sur scène, elle me subjuguait... Mais bavarder avec elle, c'était différent. " Elle lui parle des prisons parfois, ou d'autres luttes : " Que faites-vous quand vous allez très mal ? " Quand elle apprend que Christophe a été victime d'une agression, elle l'appelle tous les jours, lui dessine des fleurs sur son fax. Elle s'adresse parfois à son chien : " Chez Pompon, tu diras à ton maître... " C'est à Pompon que s'adresse un dernier message. " Pas question de commencer l'hiver en allant mal, au lieu de courir et de sauter partout... " L'année précédente, elle avait glissé au " p'tit blue " " Sa " vieille " chanteuse, enfin pas trop, travaille à lui écrire une " tite " chanson " ... Ce sera Faxe-moi " J'entends / Je reçois / Votre humeur de l'instant / Qui passe / Dans vos mots / Écrits là...(...) C'est mieux / De ne pas / Se connaître / Cela changerait tout / Peut-être " ... (... ) Surtout / Ne perdons pas / Le charme étrange / De nos échanges ... " Le charme n'est pas rompu. " Elle n'a pas disparu. Je l'écoute toujours. Ce n'est pas une absence, mais une présence interrompue. Nos fax sont en sommeil, c'est tout "
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# Posted on Saturday, 06 September 2008 at 6:19 AM

Edited on Wednesday, 10 September 2008 at 7:03 AM

Barbara

Barbara
Chacun a son histoire avec Barbara. Histoire d'amour parfois, échos de " la plus belle histoire " ; histoires d'amour toujours pour l'empathie, la passion, l'indicible, la joie pourtant... La joie oui. Joie de vivre qu'elle chantait aussi. Joie de ces concerts entre frissons et ivresse, joie qu'on sentait vibrer en elle ces soirs-là, de nous voir là, emportés sur les ailes de sa voix,, défiant le mal de vivre et tout le temps perdu. Pour un moment, un moment rien de plus, Dostoïevski avait raison et la beauté sauvait le monde. Chacun a une histoire avec Barbara, un moment, un mot. Monique, pendant un de ces éternels étés étudiants des années 1970, a suivi sa tournée jour après jour, dormi dans les près soir après soir, tête posée sur ses tennis, nez dans les étoiles et sourire aux lèvres. Lors du dernier Châtelet de la chanteuse, Sandie a pris et repris des places, pris et repris rendez-vous avec " cet extraordinaire don d'amour, l'inverse du narcissisme : l'abandon d'elle-même " Jocelyne et Stéphanie ont ancré leur histoire d'amour aux chansons de l'amoureuse. Olivier, un taiseux, a ce mot : " Elle chante ce nulle part qui est partout, en chacun de nous " Jacques a des souvenirs magnifiques, Jacques Higelin, frère d'âme de la dame, mais il préfère faire silence. Qu'il nous pardonne de lui voler cette conversation nocturne où elle lui dit ce qu'ils pensent tous deux : " Tu te rends compte, le cadeau qu'ils nous font... Ils sont là, ils nous soutiennent, ils nous attendent, ils reviennent... Et ils disent merci ! " On l'entend dire cela, on entend vibrer sa voix. Barbara et son public... Comment parler d'elle sans parler de lui ? Lui parle d'elle. Elle, elle lui parle. Aujourd'hui comme il y a dix ans, vingt, trente... Ses mots caressent ou crient, sa voix s'envole ou se brise, et le frisson est là, et la joie dans la tristesse, et le silence de l'écoute répondant au silence de la note suspendue, intenses. Si présente l'absence : un amour ininterrompu.



Anne-Marie Paquotte ( Journaliste )
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# Posted on Saturday, 06 September 2008 at 6:14 AM

Barbara Citations

Barbara Citations
Je chante et je déploie mes ailes



Mes chansons parlent pour moi. La chanson, c'est une conversation. Il vous suffit d'avoir l'oreille fine... Mais ce n'est pas parce que je chante que j'ai grand chose à dire. Je le dis sur scène ; après c'est terminé. Et ça ne vaut pas la peine d'en faire des tartines. Il faut aborder avec humilité ce métier ( qui n'est justement pas un métier d'humbles ) Chanter comme si c'était la première, et la dernière fois... Si j'avais été amoureuse d'un homme plus que de la chanson, j'aurais quitté la chanson. Je l'ai fait, une fois. Quinze jours. J'ai rôdé comme une malade, je n'ai pas pu. C'est lui qui m'a quittée. J'ai rencontré des hommes fantastiques, mais qui n'ont jamais pu approcher du piano. J'ai vécu de brûlants échanges, je n'ai pas partagé les jours après les jours ; j'étais amarrée à autre chose, j'étais ailleurs. Je n'ai pas su vivre à deux ( je n'ai pas ce talent là ) mais à soixante-dix, cent, mille... Ce que je veux vous dire, c'est qu'il n'y a pas l'ombre d'une intention démagogique dans Ma plus belle histoire d'amour, et vous le savez. Peut-être, s'il y avait eu un enfant... Mais il n'y en a pas eu. C'est peut-être un signe, c'était peut-être le prix, terrible, à payer. Je n'ai pas eu d'enfant, j'ai des centaines d'enfants à qui j'ai dit, à la fin de mes spectacles : " Au nom de l'amour que je vous porte, enfants qui auriez pu être les miens, ces préservatifs, mettez- les "



Barbara

# Posted on Thursday, 28 August 2008 at 2:23 AM

Barbara

Barbara
Au bout de nos coeurs étoilés


Déjà, sur le tournage de Franz, le film de Jacques Brel ( il dirigeait ça comme une immense chanson ) l'atelier de la monteuse m'attirait invinciblement. Une prédilection définitivement ravivée par la chronique de Pantin. On a passé des heures à rechercher le plan d'un gosse, celui d'un jeune homme blond comme les blés... Et mes chansons : je savais pourquoi j'avais écrit comme ça, pourquoi je les chantais comme ça. Il m'arrivait de chanter, au studio, pour qu'ils comprennent comment je les vivais, et comment il fallait les voir, les faire voir... On s'en fout de mon image, ce n'était pas une jolie femme qu'on filmait, c'était une rencontre. Ce n'était plus moi, c'était nous. Ce qui me passionne, ce sont les rapports qui existent entre vous et moi, c'est la vérité de cela. Alors j'ai renoncé à mon envie de jouer avec la vidéo, de faire voler mon piano par-dessus le chapiteau... Moi, c'est l'image du son que je privilégie. L'image d'une femme qui chante et que je connais bien. Qu'importe si à certains moments, je ne suis pas jolie-jolie, si à d'autres je suis voûtée? Si tout à coup je suis jeune, et tout à coup j'ai 100 ans ? Au bout de ton tour, tu es délavée, ton visage tombe, et alors ? L'essentiel, c'était de rendre de façon intacte, parfaite, vingt ans d'amour qu'on m'a donnés.


Barbara
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# Posted on Tuesday, 19 August 2008 at 1:23 PM