Barbara TEMOINGNAGE

Barbara TEMOINGNAGE

Le lendemain matin, après une courte nuit en dents de scie, jalonnée des beaux souvenirs de la veille, je suis réveillée à 8 heures par le téléphone. " Allô, Alice ? C'est Barbara... Tu sais, je n'ai pas cessé de repenser à cette journée d'hier... C'était magnifique... Et chanter comme ça L'aigle noir avec eux... Alors je viens d'appeler mon agent, Charley Marouani, et je lui ai commandé quatre-vingt-dix places pour le Châtelet pour tes petits, tu penses que ça les intéressera de venir me voir sur scène ? ... " Non, bien sûr ! Ils vont détester ! Cette femme est incroyable. " ... Mais je me trouve devant un dilemme... et je voudrais avoir ton avis là-dessus... Soit je les invite pour la première publique et je peux les loger à l'orchestre, soit je les invite pour la générale de presse, où là ils seront en corbeille, au premier balcon, mais pile en face quand même, parce qu'en bas ce sera blindé avec les invités, la presse et tout et tout... Qu'en dis-tu ? Moi, je dis que n'importe quel jour, et assis n'importe où, c'est bien ! " Bon... OK, mais tu ne m'aides pas, là... Alors on va dire pour le soir de la générale, ça te va ?... " Allons-y pour la générale. Entre sommeil et réveil, j'ai du mal à articuler, ce qui ne freine pas l'enthousiasme de Barbara dont je me demande si elle dort de temps en temps. " Alors, c'est OK. On dit quatre-vingt-dix places pour la générale. Je te rappelle dès que j'ai les billets pour te les envoyer. Ce sera début novembre. Tu crois qu'ils chanteront L'aigle noir avec moi du balcon ? C'était tellement beau, à Gentilly. Tu sais, cette chanson n'a jamais été reprise en c½ur par le public... Il n'y a que lorsque je chante dans les prisons de femmes que le public la reprend... En tout cas, j'aimerais beaucoup... Bien sûr, toi tu seras en bas avec Lolo ! Je te laisse, je rappelle Charley pour les places. Je t'embrasse fort, mon Alice. Je t'aime " Mais oui, bien sûr... Moi aussi je t'aime, tu sais, mais te dire ça, comme ça, au réveil, c'est dur ! Et ce qui fut dit fut fait. Barbara m'a appelée un jour du mois d'août, affolée par les quatre-vingt-dix billets qu'elle venait de recevoir et sur lesquels figuraient déjà son nom et la date du spectacle au Châtelet. " ... Tu te rends compte, mon Alice, on est à trois mois du spectacle ! C'est la première fois que je vois des billets si tôt ! Il y a déjà mon nom dessus et je sais même pas encore ce que je vais leur chanter... Et je ne sais pas non plus dans quel état je serai dans trois mois... Tu te rends compte ? " Alors ça... C'est tout Barbara !
Le 7 novembre 1993, les quatre-vingt-dix élèves sont aux premières loges, répartis sur les trois rangées centrales du premier balcon du Châtelet. Pas un seul n'a osé se risquer à chanter L'aigle noir en même temps que Barbara. Mais aucun n'oubliera jamais sa plus belle histoire d'amour en musique, d'un beau jour mais aussi d'une nuit
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# Posté le mardi 04 novembre 2008 07:47

Barbara CITATIONS

Barbara CITATIONS
Lorsque vous vivez ces périodes de solitude, réfugiée dans votre maison, êtes-vous ouverte à ce qu'il se passe dans le monde ?

Tout à fait. Bien davantage que quand je vais dans le monde. Parce que l'écoute est plus grande. Je me sens très concernée, mais impuissante, tellement ! Et même souvent je suis honteuse d'exister, et de manger, de prendre un bain parfumé, de vivre, quand je sais tout ce qui se passe... Je crois que l'important c'est d'être conscient, de rester vigilant, et de de chaque jour savoir tout cela, ne rien oublier.

Barbara

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# Posté le vendredi 31 octobre 2008 05:30

Barbara

Barbara
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# Posté le vendredi 31 octobre 2008 04:48

Barbara TEMOINGNAGEs

Barbara TEMOINGNAGEs


Lorsque les mômes, à ma demande, et après qu'on leur eut distribué un texte, ont entonné L'Aigle noir, Barbara s'est tue, enfoncée sur sa chaise, tête baissée, les yeux fermés, tout à côté de moi. Jusqu'à la fin du troisième couplet. Et là, j'ai senti sa main venir chercher un des micros que j'avais conservés sur mes genoux. Puis elle s'est levée et a rajouté sa voix à celle des élèves, prenant le temps d'embrasser tendrement sur le front chacun des quatre-vingt-dix présents, avant de remonter doucement les quatre marches qui menaient jusqu'à la scène toujours en chantant, mais seule, et a capella cette fois. Instinctivement, certains ont alors rallumé leur briquet, ce qui m'a amenée à éteindre la lumière. Comme à son arrivée. Et Barbara est sortie dans le contre-jour du soleil déclinant qui filtrait par la porte, de la même façon qu'elle était entrée. Comme un aigle noir qui regagne le ciel. Une belle sortie de scène. Comme pour une dernière à Mogador. Elle m'avait dit 17 heures. Il était 20 heures, et tout le monde pleurait. Je n'ai pas tardé à suivre les pas de Barbara, avec qui il était convenu qu'elle rejoigne le bureau pour m'attendre avant de prendre congé. " Bah, tu vois, maintenant je boirais bien un p'tit coup ! " me lance Barbara sur un ton enjoué en me voyant enfin arriver. Puis elle ajoute : " Mon Alice, je me suis régalée. Ils sont beaux, ils chantent bien, ils semblent si heureux avec toi... C'est bien. Tu crois qu'ils sont contents de la journée ? " Comme dans sa loge à Mogador, quand elle m'avait demandé si j'avais aimé son spectacle. Bien sûr, qu'ils ont aimé. Et plus encore ! Je lui raconte ma sortie dans la cour avant de traverser le hall pour rejoindre le bureau, quand il m'a fallu enjamber quelques petits groupes assis çà et là, certains prostrés et silencieux sur les marches, d'autres enlacés par trois ou quatre qui pleuraient à chaudes larmes en me remerciant au passage. Oui, " Babou " vraiment, je crois qu'ils sont contents de la journée !



# Posté le mardi 21 octobre 2008 01:57

Barbara TEMOINGNAGE

Barbara TEMOINGNAGE



Noir. Tout le monde s'est tu et attend. Je ne sais pas pourquoi mes jambes se sont mises à trembler et mon c½ur à battre la chamade. Mon front s'est mis à perler de sueur lorsque j'ai appuyé sur l'interrupteur et que Pompon a envoyé la musique que j'ai reconnue aussitôt. Mais plus le temps de réfléchir, car la porte vient de s'ouvrir doucement sur une immense silhouette uniquement éclairée par le soleil du dehors. Je comprends, bien avant tout le monde, que cette ombre magique qui vient de pénétrer sur scène n'est pas celle de Johnny Hallyday. Parce que je sais, pour l'avoir vue chanter depuis mon plus jeune âge, qu'il n'y a qu'une personne au monde capable de déployer aussi majestueusement ses longs bras dans l'espace, tandis que la porte vient de se refermer et seule la lueur des briquets éclaire maintenant la haute silhouette qui s'avance vers nous à petits pas. Quatre-vingt-dix mains sont tendues vers la scène, toutes flammes allumées, et en même temps que vient de jaillir un soupir unanime, la moitié s'est éteinte, puis se rallume, laissant Barbara plantée telle une statue d'ébène en plein milieu, juste au-dessus de nous, comme si elle venait d'entrer sur la scène de Mogador, un soir de première. Je suis le premier à m'aventurer pour l'applaudir, puisque j'en ai laissé tomber mon briquet. Tout le monde s'empresse de faire de même, tandis qu'Alice rallume la salle et pose sur moi un regard plein d'étoiles comme pour me dire " Tu vois, c'est elle, cette fois, qui est venue jusqu'à toi ! " Puis elle tend la main à Barbara pour l'aider à descendre l'escalier. Mais celle-ci est restée en place, derrière le micro, comme pour se mettre à chanter, et c'est un : " Bonjour à tous " qu'elle nous adresse, ne laissant apparaître de son visage qu'un large sourire, ses yeux étant dissimulés par de grandes lunettes cerclées de noir aux verres opaques que quelques mèches brunes obscurcissent encore plus ça et là. " Je suis si heureuse de vous rencontrer enfin ! Je vous ai observés depuis un moment, dehors, dans la rue... " Elle parcourt la salle du regard, comme à la recherche d'un visage particulier, et le pose enfin sur une brunette aux yeux rieurs. " Ah oui, c'est vous là... quel est votre prénom ? " - " Séverine, m'dame " Une vague de rires et de protestations s'est élevée dans la salle. " ... Mais que se passe-t-il ? " - " Euh, non... Enfin... C'est que... tout le monde me surnomme Lulu, m'dame ! " - " Lulu?... Alors allons-y pour Lulu ! Ca vous va bien, d'ailleurs, Lulu ! Bref, je vous ai vue tout à l'heure avec votre walkman, vous étiez très joyeuse, c'était magnifique... Vous sembliez si heureuse de chanter et de danser... Un vrai bonheur de voir ça ! " - " Pas d'quoi, m'dame ! " a rétorqué Lulu. Et toute la salle d'éclater de rire avant que Barbara n'ajoute : " Mais je suis là d'abord pour vous écouter un peu, et après, si vous voulez bien, on discutera tous ensemble, j'ai tellement envie de parler avec vous... " Puis Alice a attrapé la main que lui tendait Barbara pour l'emmener s'asseoir tout au fond de la salle. Et voilà ! C'est aussi simple que ça, Barbara ! A ce moment précis, je comprends pourquoi je suis entré un jour aux Studios Alice Dona : pour savourer, ne serait-ce qu'un court instant, la magie d'un moment comme celui-là ! Cet instant dont j'ai rêvé depuis ma plus tendre enfance : rencontrer Barbara, celle qui m'a donné l'envie des mots sur des notes de musique. J'ai alors plus que jamais la certitude de ne pas m'être trompé de parcours. Merci d'être passé sur notre chemin, mon cher Aigle noir. Mais que d'émotion en perspective, puisque Alice m'a fait savoir que je devrais aussi chanter devant l'invité. J'ai, bien sûr, accepté, ne sachant, à ce moment-là, de qui il s'agissait ! Alice, je te revaudrais ça !


Jean-Christophe ( Elève d'Alice Dona )


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# Posté le samedi 18 octobre 2008 09:43