barbara

barbara
Pas facile, ah non, vraiment, Barbara n'était pas facile. Exigeante avec elle-même, d'abord, au point de préparer chaque rencontre avec sa plus belle histoire d'amour ( le public ) en hantant, des heures avant le concert, sa loge, les coulisses et la scène. Avec les autres, elle savait, aussi, se montrer odieuse. Comme avec ce journaliste qu'elle engueule pour avoir tenté de percer les secrets de sa vie en utilisant ses chansons. " Vous les décortiquez devant moi et c'est comme si vous me déchiquetiez. Ce que je viens de chanter, ce soir, c'est ma vérité, mon second souffle et vous êtes là, comme un petit fontionnaire... agneugneu... agneugneu... C'est absolument horrible, ce que vous faites ! " Sur scène, Barbara est reine. Rien ne lui échappe, tout lui obéit. Son image, elle en est le maître. Une grande prêtresse qui, avec les années, a édicté, entre son public et elle, des régles précises. Un rituel. Mais hors de son domaine ( ce lieu magique, protégé et policé ) comment faire confiance ? Comment ne pas être trahie ? Alors, elle fuit, elle se refuse, elle se cache. La télé ? Pffou, sûrement pas ! Trop crue. Trop cruelle. La sacro-sainte messe du 20 heures; par exemple, elle l'appelle volontiers le " western de la mort " Franchement, pourquoi irait-elle attendre sagement que le PPDA de service ait fini d'annoncer son habituel lot d'attentats, de meurtres et de catastrophes naturelles pour annoncer, juste avant le générique de fin, la bouche en coeur : " Eh bien moi, je vais chanter deux semaines au Châtelet. " Impossible. Pour être aussi indécent, il faudrait être inconscient. Et Barbara a conscience de tout.De son nez, pour commencer. Ce n'est pas qu'il la révulse, non, ni même qu'il la complexe. Mais " Un visage avec ce nez-là, il faut quand même le mettre en image... En France, il n'y a pas de visage à caractère ; des visages beaux ou des visages laids et des visages qu'on arrange. En Italie, ce serait peut-être plus simple. " Alors, lorsque François Reichenbach, qui l'idolâtre et ne se lasse ni de ses refus, ni de ses rebuffades, la force, en 1979, à accepter le " Portrait " qu'il rêve de réaliser, elle lui déclare avec sa brusquerie coutumière : " D'accord, je veux bien que vous me filmiez, mais pas de profile, ni de face... " Pas simple, bien sûr ! D'autant que les aléas techniques s'en mêlent : panne de son dès le premier jour, panne d'électricité dès le deuxième. " Je crois qu'elle est comme les indiens dira plus tard Reichenbach Il ne faut pas la filmer. Elle n'impressionne pas la pélicule. " Avant de confesser, entre deux compliments pour celle qui l'aura bombardé d'oukases et d'interdits : " Si j'avais pu faire ce que je voulais, j'aurais réalisé un film sublime... " Rebolote, trois ans plus tard, avec Guy Job, pour son spectacle de Pantin. Caprices ? Non, fidélité. Fidélité absolue à la foule venue l'applaudir. " Tu comprends, dit-elle à Anne Paquotte, je voulais qu'on filme mon tour de chant, pas qu'on le revisite. A Pantin, le public était impliqué pas question d'une seconde de trahison. Des moments pareils, je ne pouvais pas ne pas veiller dessus jour et nuit. " Résultat : quarante-huit heures d'images, réduites à cent minutes superbes qui défrissent, néanmoins, les dirigeants de TF1. Objet de leur courroux : les longues séquences où le public, en transe, se met à chanter lui aussi... Le sang de Barbara ne fait qu'un tour. Elle téléphone à Pierre Bouteiller : " Ecoute, je ne suis pas Dallas. Couper Pantin, c'est me couper un bras. C'est comme ça ou je ne laisse rien sortir. " Bien sûr, Bouteiller s'incline...

# Posté le mercredi 04 février 2009 03:33

barbara souvenir

En 1946 la famille s'installe 50 rue Vitruve dans un petit appartement au deuxième étage dans un immeuble de cinq étages



Nous sommes en 1962. " A Rémusat " je ressens le désir d'écrire ; le besoin d'écrire. Jusqu'à présent, je n'ai écrit que deux chansons, mais je sens qu'en moi les mots bougent et cognent. Ils veulent sortir, les mots ; ils s'agitent, s'entremêlent, se conjuguent pour dire ce que je n'arrive pas encore à expliquer. Ils vont filtrer, sourdre, jaillir de mes veines. Ils me font peur et me fascinent à la fois. Je ne comprends pas d'où ils viennent. J'avais déjà eu des difficultés à comprendre, à mémoriser les mots des livres " A Vitruve " je lisais, je relisais tout d'une traite, comme on s'enivre : Ces dames aux chapeaux verts, Tropique du Cancer, Le Vicomte de Bragelonne, Autant en emporte le vent, La Citadelle de Cronin... Ma mère m'avait offert pour mes dix-sept ans Le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde. ce cadeau m'avait enchantée et, venant d'elle, bouleversée. Premier déclic. J'avais connu, pendant que je vivais encore " A Vitruve " un étudiant grec de forte et troublante personnalité et qui faisait des études de criminologie. C'est lui qui m'initia à André Breton, Maïakovski, Louis Aragon, Paul Eluard, Queneau, Desnos, etc... Je me promenais avec les livres qu'il m'offrait. Je les ouvrais et les touchais comme pour en caresser les mots. J'allais au quartier Latin hanter les vieilles librairies de la rue Monsieur-le-Prince ou de la rue de l'Odéon, où flottaient odeurs et poussières de grimoires, de reliures de cuir repoussé à la feuille d'or, de feuilles jaunies couvertes de taches de son. J'aimais me perdre seule dans ces lieux de pénombre et y reniflais les mots, les savourais. Je grimpais aux échelles de bois, faisait glisser les vitres coulissantes. Les livres m'intimidaient, m'émouvaient, me faisaient rêver... Il me semblait que je ne retenais rien de ce que je lisais. Je dévorais avidement des mots, des pages, des espaces. Je rencontrais des personnages légendaires, traversais les siècles, m'enroulais dans les spirales de la folie, de l'étrange, de l'horreur, m'engloutissais dans les profondeurs de ces nuits d'asphalte. Et puis, brusquement, j'ai cessé de lire. Je n'ai plus lu. Rien, plus rien du tout ! J'ai oublié que j'avais lu. Oublié. En fait, les mots, au lieu de rester dans ma mémoire visuelle, se sont agglutinés dans ma mémoire tactile, et, aujourd'hui, je sais que ce sont ces mots-là qui bougent au bout de mes doigts, qui cherchent à sortir du bout de mes doigts, de tout mon corps. En chantant, je retrouve cette sensation de mots jadis avalés, déglutis, engloutis, qui remontent douloureusement par ma gorge avant que je ne les exhale avec violence ou douceur dans une chanson. Comme il est expliqué dans Lily-Passion :


" Et les mots qui sortent de ma gorge, je ne les connais pas : des mots qu'on a plantés là, des mots qui me font mal et qui m'étouffent ; alors je les crie, je les vomis pour pouvoir respirer, pour vivre... "

Barbara
barbara souvenir

# Posté le jeudi 22 janvier 2009 01:13

BARBARA ASTROLOGIE

BARBARA ASTROLOGIE
Thème astral, carte du ciel et planètes pour
BARBARA,
née le lundi 9 juin 1930 à 16h00 à Paris (France)

Soleil en 18°02 Gémeaux, AS en 25°05 Balance,
Lune en 28°58 Scorpion, MC en 2°17 Lion

Astrologie chinoise : Cheval

Son élément : Métal

Sa planète : Saturne

Son métal : Mercure

Sa pierre : Beryl
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# Posté le dimanche 04 janvier 2009 06:09

Barbara CITATIONS

Barbara CITATIONS
Ethery Rouchadzé, Barbara, Jacques Vynckier

Ethery Rouchadzé était géorgienne et cherchait du travail ; elle me raconta qu'elle était venue en Belgique pour travailler avec Eduardo Del Puyo, alors grand concertiste mondialement connu et qui enseignait à Bruxelles. Très drôle, très vive, elle ponctuait son récit de grands éclats de rire. Et puis elle s'est mise au piano ; depuis ce jour-là, je n'ai plus jamais entendu la Quatrième Ballade de Chopin jouée comme ça. Pianiste, ah quelle pianiste ! Ethery était petite et mince, mais il émanait d'elle une singulière puissance. Ses mains étaient carrées, massives mais légères. Quand elle jouait, la musique semblait descendre du haut de ses épaules jusqu'à l'extrémité de ses doigts. Les notes sourdaient de tout son corps. Elle a accepté de m'accompagner et, dès le lendemain, elle m'a fait répéter mon maigre répertoire. J'étais très heureuse. J'allais enfin chanter ! Le soir, un public jeune mais clairsemé vient nous entendre et nous voir en buvant un verre. Mon tour de chant, très mauvais, ne se passe pas très bien ; les étudiants me chahutent quelquefois. Nous décidons qu'il faudrait diverses attractions. Ethery me parle alors d'un ami belge dont elle me dit grand bien et qu'elle tient absolument à me faire rencontrer. Il est avocat stagiaire mais s'intéresse à tout ce qui concerne le spectacle. Il a, me dit-elle, un numéro de prestidigitateur et accepterait peut-être de se joindre à nous. Franchement, lorsque je vis l'ami en question, je ne fut pas saisie d'un vertige prémonitoire. J'aurais dû, pourtant, car c'est lui que j'allais épouser un an plus tard ! Mais ceci est une autre histoire, amusante, certes, mais une autre histoire. Mon futur mari, que j'appellerai C... pour ne le gêner en rien, non plus que sa famille, était un grand manipulateur, absolument magique. Je le trouvais très intelligent et, ma foi, séduisant. Nous étions souvent ensemble ; j'avais l'impression qu'il passait beaucoup plus de temps avec nous qu'au palais de justice. C'est avec lui que j'ai découvert, chez un ami commun, la géniale Marianne Oswald. J'ai été très frappée par Marianne Oswald : c'était d'une férocité, d'un modernisme, d'un désespoir... c'était stupéfiant, Marianne Oswald ! C'est encore avec C... qu'un peu plus tard, je découvrais le premier 78 tours de Georges Brassens, que nous écouterons avec Ethery chez un disquaire de la porte Louise. On n'oublie pas ces choses-là !

Barbara

# Posté le lundi 29 décembre 2008 14:49

Barbara CITATIONS

Barbara CITATIONS
Littérature

( 1969 )

Je suis inculte. Par contre, le peu de choses que je sais, je l'ai découvertes par les gens que j'aimais. J'ai attendu longtemps, peut-être que c'est à vingt-huit ans, ou je ne sais plus quel âge, que j'ai lu Nadja, de Breton. Je n'ai pas honte de le dire, c'est merveilleux de découvrir. Enfin, il va falloir que je me dépêche parce que, quand même, je vais mourir stupide.

Barbara
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# Posté le jeudi 18 décembre 2008 11:24